Le Seigneur de la gloire, crucifié, a accompli Loi et Prophètes

( 1 Cor 2 : 6- 10 ; Mt 5, 17 – 37)

(par P.P. Madros)

Les « princes de ce monde » (1 Cor 2, 6 s)

Ces « arkhontes αρχόντες » ne se rendent pas compte, en méprisant et en tuant Jésus de Nazareth qu’il est, lui, le « Principe » Αρχή « arkhè », de toute la création, le « Conseiller, le Dieu fort » prophétisé par Isaïe, « le prince de la paix » aussi (Is 9, 5). « S’ils avaient connu (la sagesse mystérieuse de Dieu), ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de la gloire » ! Ils ne seraient donc pas devenus « déicides ». Le mot est exact, puisque dans un seul Etre la divinité s’était incarnée. Mais, toujours attention ! On ne tue pas Dieu mais la nature humaine de Jésus « où habite toute la plénitude de la divinité corporellement » (Col 2, 9).

Une double falsification (supplémentaire) dans « la traduction du monde e

Non seulement ce dernier verset a été falsifié chez les Témoins de Jéhovah, mais il faut encore relever dans 1 Cor 2, 8 deux manipulations  significatives, anti-croix et anti-divinité du Christ, dans ce passage de leur « Bible » : « S’ils l’avaient connue (la divine sagesse) ils n’auraient pas attaché sur un poteau (au lieu de : crucifié) le Seigneur glorieux » ! D’arrière-fond judéo-hébreu, la dénomination américaine a d’abord décidé d’évacuer, de balancer « la croix » et ses dérivatifs. Jésus n’aurait été qu’attaché, exactement comme le Talmud babylonien écrit (Sanhédrin 43 a), sur un « poteau » pas davantage identifié ! Ensuite, cette dénomination antichrétienne,  bien consciente que « le Roi de la gloire » (Ps 24 (23), 10),  ne peut qu’être le Seigneur de la gloire : Yahvé lui-même, alors, dans leur version, elle ne fait du Christ qu’un Seigneur « glorieux » non plus le roi, le Seigneur par excellence de la gloire.

Puissants de ce monde et Christ crucifié !

Une autre conclusion pratique : la guerre menée par les « grands de ce monde » contre le Christ. Officiellement, ils avaient réussi à le bannir de la vie publique, sous prétexte de laïcité. Ils ont fait des lois contraires aux Dix Commandements et à l’Evangile. Beaucoup de personnes font le jeu de ces lois et de cet antichristianisme d’Etat. Mais, la voix de Jésus se fait toujours entendre dans les consciences, pour la bonne raison qu’elle est gravée dans le cœur humain, le bon sens et le b a ba de la décence. Sa grâce continue à toucher les cœurs les plus endurcis. Comme l’enfant prodigue, l’amertume de la déception, le malheur des plaisirs mondains, le vide, « la nausée », font revenir beaucoup de gens au Seigneur, surtout en l’occasion d’un désastre, d’une maladie, et à l’approche de la mort. N’est-ce pas le cas, sans triomphalisme, de citer l’aveu navré de l’empereur Julien l’Apostat : « Nazaréen, tu as vaincu ! » ? Mais le Seigneur compte aussi sur nous, sur notre prière, notre repentir, notre témoignage, et notre évangélisation, pour que « son règne vienne et que sa volonté soit faite ». Et « malheur à nous si nous n’évangélisons pas » !

Seigneur absolu de la gloire infinie, législateur de l’absolu des Commandements (Mt 5, 15 s)

« Je ne suis pas venu abolir la Loi ni les prophètes… je suis venu pour accomplir ». Ce verbe signifie « remplir » (d’après l’araméen), compléter ce qui manquait, non pas de la part de Dieu mais de la disponibilité humaine à l’accomplir pleinement. Il veut dire aussi « porter à la perfection » ce qui était imparfait, encore une fois pas de la part de Dieu mais de la part des hommes, spirituellement et moralement enfants.

« Tu ne tueras pas ! »

Jésus prend le mal à sa racine non pas seulement dans ses conséquences néfastes. Le meurtre résultant de la colère, le Christ s’empresse de condamner l’emportement générateur d’homicide et de génocide. Avec Jésus, les bémols, les concessions, les relativisations du Commandement tombent : en effet, dans la loi mosaïque, on pouvait et on devait tuer les apostats, les adultères mariés, ceux qui n’honorent pas leurs parents… Jésus n’abolit pas le Commandement mais lui rend son absolu : « Tu ne tueras jamais en aucun cas », d’où la lutte du Saint-Siège contre la peine de mort, l’avortement, l’euthanasie…

Un minimum d’objectivité nous oblige à constater, avec tout notre amour pour nos frères non chrétiens, que le commandement de tuer se trouve dans des Livres sacrés pour certaines religions. Il ne faut donc pas s‘étonner si des adeptes appliquent ces textes. Manifestement, ils n’ont pas eu la lumière du Christ. Prions et agissons dans la charité et la clairvoyance, annonçant discrètement « l’évangile de la paix » !

Conclusion

A lui seul, le commandement de tuer qui se trouve en dehors du Nouveau Testament devrait nous préoccuper. Persister à ignorer les textes ne résout pas le problème. Il y a un grave problème de conscience et un conflit incessant et crucial entre ce commandement et la bienveillance envers les autres, ainsi que le désir authentique d’intégration et d’évolution.

Que le Seigneur de la gloire nous aide vraiment non seulement à abolir de nouveau la crucifixion et les autres peines capitales, mais aussi à vivre en paix et à calmer et dissuader les personnes théocratiquement assoiffées de sang ! Répétons, comme dans chaque messe : « Délivre-nous, Seigneur, de tout mal, et donne la paix à notre temps ! »

 

  

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